Séjourner sur les îles Togian, c'est rentrer dans la confidence. En parler sur le blog, c'est bousculer un souvenir empreint de magie et prendre le risque de ne pas lui rendre honneur.
Pour se rendre dans ce paradis, il faut être courageux et accepter de faire de nombreuses heures de route (48h en ce qui nous concerne), d'embarquer sur un ferry en bois pas forcément homologué et obligatoirement surchargé. Oublier les horaires, s'enivrer tant des fumées émanant des cigarettes voisines que de la vue somptueuse sur les innombrables îles désertes.

Bajaus, Togian, Indonesie


Un trajet interminable

Partant de Jakarta, nous passons une nuit dans un minibus pour rejoindre l'aéroport de Surabaya. Un voisin qui empeste le parfum, un chauffeur qui expérimente la conduite "fast and furious" : le pied sur l'accélérateur, la main sur le klaxon... quoi de plus normal ? Après 4h d'attente à l'aéroport, nous passons à l'enregistrement. Tous les indonésiens nous dépassent allègrement jusqu'à ce que nous décidions à nous échauffer les coudes et à nous frayer un chemin jusqu'au comptoir. Au moment de monter dans l'avion, je remarque la présence de papier journal pour couvrir les vitres du cockpit. Devant mon regard perplexe, Julien m'explique que c'est plutôt rassurant : "Il vaut mieux que le pilote se protège du soleil". Apparemment oui, puisque nous arrivons sains et saufs à Palu où nous nous mettons en quête d'un moyen de transport pour rejoindre la ville ferroviaire d'Ampana. Après avoir essuyé quelques échecs -tout est complet- nous trouvons 2 places dans une voiture de location avec chauffeur et achetons nos billets sans avoir vu le véhicule. Nous héritons d'une voiture correcte mais de places sur strapontins dans le coffre. Le trajet de nuit se déroulera presque sans frayeurs, avec la musique à fond pour tenir le chauffeur à peu près éveillé.

Notre arrivée à Ampana est très matinale. Nous descendons au premier hôtel dans l'espoir de nous doucher et de nous reposer avant de prendre le ferry. A 5h du matin, le réceptionniste dort profondément. Nous le secouons ; en vain. Renonçant à l'idée d'avoir une chambre, nous profitons de la salle d'eau de la réception pour nous doucher au seau d'eau froide et partir pour le port, sans avoir réveillé notre vigile... Nous touchons au but. Nous partons avec le ferry de 10h.

Ferry Togian, Indonésie, Julien Gérard Photographe


A cause de la pluie, le bateau s'arrête pendant 2h. Nous arrivons donc à 22h sur l'île de Malenge. De là, un bateau à moteur nous mène enfin au Lestari Cottages où nous espérons trouver de la place. Il est en effet impossible de réserver à l'avance car la plupart des îles Togian n'ont ni accès internet ni téléphone. Nous prenons le dernier bungalow disponible : 15 euros par personne et par jour en pension complète, c'est parfait ! Il fait nuit noire et l'électricité est déjà coupée. Une petite douche au seau d'eau froide et nous nous couchons, impatients de découvrir l'île à la lumière du jour, le lendemain.

Le paradis

Pas de coq ni de muézin pour nous réveiller. On se lève pourtant avec le soleil comme à notre habitude. A la sortie du bungalow, les pieds dans du sable blanc ourlant une eau à 30°, nous profitons d'une vue directe sur Pulau Papan. Ce village de bajaus compte une centaine de maison sur pilotis. On avale rapidement un petit déjeuner à base d'oeufs, de riz et de fruits en faisant connaissance avec les quelques pensionnaires. On file ensuite à la rame rejoindre le village...

Pulau Papan, Indonésie