Oh joie toute particulière de l’annonce d’une aire de repos avec station essence, superette, sandwicherie, point presse et wc !
Qu’on s’y arrête par hasard total ou pas, l’arrêt dans ces aires prend une dimension toute spéciale lorsqu’on est sur la route des vacances.

Attiré par le fumet du sandwich sous plastique, d’un petit pain au chocolat sans saveur ou d’un thé trop sucré, on accoure avec entrain vers les délicieuses aires d’autoroutes, tout en espérant pouvoir profiter de l'animation gratuite d'une marque de petits pots pour bébé ou de croquettes pour chien et acheter les derniers cadeaux souvenirs oubliés : somptueux pain de toilette à la lavande, nougat de Montélimar ou rognons de coq en gelée. 

Après des kilomètres de bitume bordé de champs peuplés de vaches endormies, la station essence devient, telle une oasis d’autoroute, un havre de vie contenant tout pour notre survie et bien plus. On y retrouve du lien social factice en profitant de l’organisation d’un simili village idéalement marketé et animé par le chassé croisé de vacanciers au nuancier variant de blanc à hâlé.

Pendant que l’homme y cherche de la nourriture, les enfants trépignent et se battent pour le toboggan tout en réclamant des barres chocolatées et les femmes se résignent à faire la queue 30 minutes pour accéder à des toilettes saccagées par les précédentes. 
On joue le jeu, on paye volontiers son sandwich et son coca 15 euros et on prend le risque de déclencher une guerre en grugeant la file d'attente. Si on assume son côté badaud en short et tongs, c'est en se persuadant que les autres sont plus beauf que nous. 


Une fois rentrés, que les vacances sont derrière nous, on repense à ces derniers moments avec nostalgie. Car le prochain arrêt en oasis autoroutière n'est plus vraiment à 320 km mais plutôt à 320 jours de nous...