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Strass&ballerines

21déc.

Mon béguin pour le Bénin

En plein décembre, en recherche de soleil et de dépaysement, j'embarquais pour un séjour express de 8 jours au Bénin. Comme toujours, quelques images d'Epinal en tête, je jonglais sur place entre petites déceptions, belles surprises et grandes rencontres. De quoi croquer le Bénin, en accéléré certes, à pleines dents.

marché lobogo bénin

Foison de couleurs

Arpentant les marchés de Dantopka ou de Lobogo, les couleurs égayent le tableau et nos humeurs. Les boubous se croisent devant les étals de fruits, d'épices et de volailles. Un concentré de vie se joue dans les allées du marché. Certains dorment à même le sol, d'autres se font lisser ou tresser les cheveux pendant que d'autres négocient au marché vaudou, les lézards séchés ou les ossements d'animaux heureusement indéterminés.

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Au moindre filet de musique couvrant les cris des poules ébouillantées, on danse. Toutes les occasions sont bonnes pour trinquer au sodabi, l'alcool de palme local. Dans un esprit de convivialité, il se partage forcément dans un même verre à l'hygiène discutable.

Dépaysement garanti

Dans le village de Possotomé, la terre de latérite rouge se confond avec les murs des maisons. Les enfants courent pieds nus en nous saluant et nous interpellant "yovo" (le blanc). Les poules et chèvres vivent leur vie pendant que les femmes marchent seins couverts ou non, avec des kilos de marchandises sur la tête. Les motos soulèvent la poussière comme pour donner à ce tableau un surplus d'authenticité.

village laterite bénin

C'est dans ce village que nous décidons de rencontrer un "fa", un diseur de bonnes aventures. Expérience inoubliable avec quelques scoops sur notre futur dont nous pourrons dire dans quelques mois s'ils étaient "bien vus". Un petit sacrifice aidant (pas d'animaux mais juste de l'huile de palme et du sodabi), le bonheur devrait s'attarder un bon moment dans nos vies.

Ganvié et son accueil en demi-teinte

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Ce n'est pas l'harmattan qui a assombri les couleurs des premiers jours du séjour, passés à Ganvié. Ce vent de sable venu du Sahara qui nous offrait des matinées recouvertes d'un ciel blanc allait de pair avec l'accueil très froid des habitants de la cité lacustre.
Dans le village, les pirogues glissent sur l'eau et se faufilent entre les maisons sur pilotis. L'ambiance magique, se brise dès lors que l'on tente le moindre contact. Ici, nous sommes simplement des blancs et blanc = argent.
Cette formule limpide ne nous permettra pas d'échanges véritablement enrichissants. Seule notre sortie über-matinale à 4h du matin pour assister en pirogue au marché des pêcheurs nous laissera l'empreinte d'une vie parallèle où tout se déroule sur l'eau.
Les femmes y vendent petits plats ou appâts aux pêcheurs en partance pour la journée. Il fait noir, seules quelques lampes à pétrole brûlent.

marché pêcheurs ganvié bénin

Elles crient le nom de leurs plats pour aider les pêcheurs à se repérer. Dans la confidence de cet instant précieux, nous assistons presque timidement à cette représentation orchestrée de main de maître. Le ballet des pirogues parfaitement maîtrisé évolue au gré d'une musique composée de vagues cliquetis aquatiques et de paroles chantantes et féminines.

Mes bons souvenirs du Bénin ? les villages authentiques, les traditions perpétuées telles le vaudou, le "fa", le rituel de la toilette du nourrisson, les marchés dont on ne se lasse pas.


aguégué

Les enseignes commerciales valent le détour à elles seules ! Echographie exorciste, vibromassage formation informatique, cafeteria dieu est grand, garage dieu est mon berger, coiffure des cons, pompes funèbres point final...
J'ai ramené avec moi ces bonnes adresses ainsi que, en vrac, de jolis carnets recouverts de tissus africains, des bracelets religieux et des cacahuètes grillées, vendues en bouteilles de perfusion recyclées.

Ma petite déception ? Le fossé induit par le couleur de peau qui freine parfois les relations et le champ des discussions. Malaise surtout ressenti à Ganvié, pourtant un des lieux les plus touristiques du Bénin avec une vingtaine de visiteurs par semaine.

pirogue ganvié

Petite astuce pour briser la glace mais sans garantie... Il existe un sujet dont les villageois aiment discuter : la religion.
Enrichis par les différences culturelles de ce nouveau mais court voyage, on compare avec d'autres pays malgré nous. Et plus on voyage et plus il nous faut voyager pour en savoir davantage.

lobogo marché bénin

Pour les prochaines destinations, le Père Noël m'a justement ramené quelques indices dans sa hotte. "Les Pintades à Londres" devrait me servir dès le mois de mars pour un nouveau week-end prolongé. Le "Lonely Planet Jordanie" attendra encore un peu pour connaître sa date de départ...

2012 s'annonce déjà avec un bel appétit d'ailleurs.
Que cette nouvelle année vous apporte également dépaysement, 2012 belles surprises et beaux béguins.

Plus de photos du Bénin sur le site de Julien Gérard, photographe.

30nov.

Ici et ailleurs : le goût des autres

C'est un matin comme un autre, en déplacement professionnel, dans un hôtel Campanile du bassin houiller. A l'heure du petit-déjeuner, nous sommes une petite dizaine, chacun seul à notre table, nous appliquant à ne pas croiser nos regards et à garder le silence.

Ailleurs, entre Afrique et Asie

Je nous revois cet été en Indonésie tranversant la rue pour aller discuter avec des inconnus. Nous asseoir en face d'une personne seule à la table d'un restaurant. Passer deux heures à l'épicerie pour parler de tout mais surtout de rien et terminer par une séance photos souvenirs.

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Les bajaus, Iles Togian, Indonésie

Nous enrichir de diverses rencontres, avec les locaux comme les touristes. Nous impatienter chaque jour des nouvelles rencontres.
Et là, je vais me resservir du thé en évitant soigneusement mon voisin de la table voisine.

Et chez nous ?

Résonnent aussi en moi les doléances émises par des africains de mon entourage. Installés en Alsace, ils souffrent de notre froideur, de ne pas pouvoir discuter avec leur voisin de tram sans être taxés de fous ou de perturbateurs.
Je me rappelle également avoir eu cette sensation étrange, en rentrant de mon périple indonésien, de devoir me taire dans les lieux publics, me retenir d'engager des discussions.

Ma parade ?

En France : privilégier les chambres d'hôtes. Rien de garanti, mais la recherche d'échanges se veut souvent le dénominateur commun des hôtes comme des invités. Dernière expérience en date : le Relais de Charme à la Petite Pierre où Sylvie et Gérard partagent clairement notre goût des autres ! Le bon plan pour un week-end au vert et pour tartiner son pain avec bonne humeur et confiture maison !

petite pierre
Salon de thé, La Petite Pierre

Si je m'emploie à dialoguer lorsque je sens une ouverture possible -les mamies dans les ascenseurs sont pour la plupart assez bavardes- j'avoue qu'il me tarde de repartir pour mêler l'exaltation de la découverte d'un nouveau lieu à celle d'une nouvelle culture.

Ganvié, Bénin, Julien GERARD Photographe
Débarquadère, Ganvié (Bénin)

C'est 5 mois après mon retour d'un périple de 2 mois en Indonésie, que je m'accorde, dans quelques jours, une courte pause (nouvel emploi oblige) de 10 jours au Bénin et plus précisement dans le village lacustre de Ganvié.

Les pieds sur pilotis ou en pirogue, autour d'un poulet bicyclette ou de poisson pêché du jour, je compte sur des repas plus animés que dans le bassin houiller !

06juil.

Pirogues

Parce qu'on a pas le même regard selon que l'on ait les pieds sur terre ou sur l'eau, il faut aller voir l'expo !
L'embarquement vers le Gabon, le Togo, le Bénin et le Sénégal a commencé depuis hier au restaurant l'Assiette du Vin !




02juil.

L'assiette du Vin : divine idylle entre l’assiette, son vin... et la photo !

Repaire de tentations gourmandes


Philippe Roth est un fin entremetteur. Sans esbroufes ni artifices, dans un cadre tamisé, il forme les couples les plus réussis entre mets et vins.
Son jeu de séduction comprend une formule dégustation mariant avec ingéniosité 4 plats à 4 verres de vins, tandis que sa cave à vins se dévoile derrière une baie vitrée.

On s’abandonne alors à la carte évoluant selon les saisons ou le marché et surtout selon l’instinct du chef, tantôt d’humeur St Jacques, tantôt onglet de bœuf. Avec son assiette raffinée et ses vins de propriétaires au verre, cette adresse millésimée strasbourgeoise éveille notre libido gourmande. 



Evasion artistique





Et pour éveiller encore plus nos sens cet été, le restaurant organise avec Julien GERARD, photographe à Strasbourg -et surtout dans le reste du monde !- une exposition photo. L'exposition "PIrogues" se tiendra du lundi 5 juillet jusqu'à fin août. 

De quoi faire le plein de saveurs et de couleurs d'ici mais surtout d'ailleurs. Car si votre assiette et votre vin maîtrisent l'art de la séduction à la française, les photos de Julien GERARD vous amèneront une part de rêve supplémentaire.

Inspiré par les terres et eaux d'Afrique, le photographe vous embarque sur ses PIrogues pour partager toute les beautés dont il est tombé amoureux.


Exposition Pirogues - Julien GERARD Photographe
à l'Assiette du Vin, 5 rue de la Chaîne, 67000 Strasbourg
du 5 juillet à fin août 2010
 

15juin

L'Ecole des Fans


A l'heure de la reprise... au lundi qui présage une longue semaine de travail, il me reste du week-end un léger goût de nostalgie. Un goût doux-amer rappellant l'enfance et qui me renvoie aux spectacles annuels de l'école de musique et de danse.
Chaque année entre mes 7 ans et mes 16 ans (âge de la rébellion contre les cours de solfège et de la chauchemardante flûte à bec), j'ai subi avec horreur les représentations de fin d'année. Plantage en milieu de morceau, coloration intégrale rouge pivoine, grands moments de solitudes et pas encore de frange derrière laquelle tenter de se planquer. D'autres se reconnaîtront... Je pourrais créer un groupe sur facebook ?!

Ce qui change à 30 ans, c'est qu'on a vraiment choisi de faire le spectacle - de danse africaine cette fois.
Et même si ce samedi je me suis demandé ce qui m'avait pris d'accepter, si j'avais la peur panique d'oublier la chorégraphie, j'étais ravie de danser devant mon papa et mes amis, ravie de cette forte cohésion entre danseuses et du partage avec les musiciens !

1 heure avant : état plus que perplexe : aurais-je vraiment dû inviter mes amis ? Cela en vaut-il la peine ? Et si les heures de répet n'avaient servi qu'à faire quelque chose de finalement ennuyeux/moyen/etc ? Et si je me trompais ?

5 minutes après : la trentenaire frangée en faisait déjà des tonnes. Ha oui, t'as aimé ? Des heures de répet ? Pffff, tu rigoles, on a quasiment improvisé :-) Hum...

Cela faisait des années que je n'étais plus montée sur une scène. Et j'ai été boostée par la présence de mes proches (et du djembé un peu aussi).
Voir la fierté dans les yeux de son papa, le voir remuer en rythme à 70 ans, ca vous donne une force incroyable. Même à 30 ans. Enfin 31 (oui je n'ai pas encore l'habitude...). 

Il est bon de sentir une cohésion familiale/amicale autour d'un événement somme toute assez banal... avec un pouvoir magique : celui de faire la paix avec ces petits (mais costauds) traumatismes de l'enfance... avant de passer le relais un jour !
Allez, on donne une bonne note à tout le monde :-)