En plein décembre, en recherche de soleil et de dépaysement, j'embarquais pour un séjour express de 8 jours au Bénin. Comme toujours, quelques images d'Epinal en tête, je jonglais sur place entre petites déceptions, belles surprises et grandes rencontres. De quoi croquer le Bénin, en accéléré certes, à pleines dents.

Foison de couleurs
Arpentant les marchés de Dantopka ou de Lobogo, les couleurs égayent le tableau et nos humeurs. Les boubous se croisent devant les étals de fruits, d'épices et de volailles. Un concentré de vie se joue dans les allées du marché. Certains dorment à même le sol, d'autres se font lisser ou tresser les cheveux pendant que d'autres négocient au marché vaudou, les lézards séchés ou les ossements d'animaux heureusement indéterminés.
Au moindre filet de musique couvrant les cris des poules ébouillantées, on danse. Toutes les occasions sont bonnes pour trinquer au sodabi, l'alcool de palme local. Dans un esprit de convivialité, il se partage forcément dans un même verre à l'hygiène discutable.
Dépaysement garanti
Dans le village de Possotomé, la terre de latérite rouge se confond avec les murs des maisons. Les enfants courent pieds nus en nous saluant et nous interpellant "yovo" (le blanc). Les poules et chèvres vivent leur vie pendant que les femmes marchent seins couverts ou non, avec des kilos de marchandises sur la tête. Les motos soulèvent la poussière comme pour donner à ce tableau un surplus d'authenticité.

C'est dans ce village que nous décidons de rencontrer un "fa", un diseur de bonnes aventures. Expérience inoubliable avec quelques scoops sur notre futur dont nous pourrons dire dans quelques mois s'ils étaient "bien vus". Un petit sacrifice aidant (pas d'animaux mais juste de l'huile de palme et du sodabi), le bonheur devrait s'attarder un bon moment dans nos vies.
Ganvié et son accueil en demi-teinte

Ce n'est pas l'harmattan qui a assombri les couleurs des premiers jours du séjour, passés à Ganvié. Ce vent de sable venu du Sahara qui nous offrait des matinées recouvertes d'un ciel blanc allait de pair avec l'accueil très froid des habitants de la cité lacustre.
Dans le village, les pirogues glissent sur l'eau et se faufilent entre les maisons sur pilotis. L'ambiance magique, se brise dès lors que l'on tente le moindre contact. Ici, nous sommes simplement des blancs et blanc = argent.
Cette formule limpide ne nous permettra pas d'échanges véritablement enrichissants. Seule notre sortie über-matinale à 4h du matin pour assister en pirogue au marché des pêcheurs nous laissera l'empreinte d'une vie parallèle où tout se déroule sur l'eau.
Les femmes y vendent petits plats ou appâts aux pêcheurs en partance pour la journée. Il fait noir, seules quelques lampes à pétrole brûlent.

Elles crient le nom de leurs plats pour aider les pêcheurs à se repérer. Dans la confidence de cet instant précieux, nous assistons presque timidement à cette représentation orchestrée de main de maître. Le ballet des pirogues parfaitement maîtrisé évolue au gré d'une musique composée de vagues cliquetis aquatiques et de paroles chantantes et féminines.
Mes bons souvenirs du Bénin ? les villages authentiques, les traditions perpétuées telles le vaudou, le "fa", le rituel de la toilette du nourrisson, les marchés dont on ne se lasse pas.
Les enseignes commerciales valent le détour à elles seules ! Echographie exorciste, vibromassage formation informatique, cafeteria dieu est grand, garage dieu est mon berger, coiffure des cons, pompes funèbres point final...
J'ai ramené avec moi ces bonnes adresses ainsi que, en vrac, de jolis carnets recouverts de tissus africains, des bracelets religieux et des cacahuètes grillées, vendues en bouteilles de perfusion recyclées.
Ma petite déception ? Le fossé induit par le couleur de peau qui freine parfois les relations et le champ des discussions. Malaise
surtout ressenti à Ganvié, pourtant un des lieux les plus touristiques du Bénin avec une vingtaine de visiteurs par semaine.
Petite astuce pour briser la glace mais sans garantie... Il existe un sujet dont les villageois aiment discuter : la religion.
Enrichis par les différences culturelles de ce nouveau mais court voyage, on compare avec d'autres pays malgré nous. Et plus on voyage
et plus il nous faut voyager pour en savoir davantage.
Pour les prochaines destinations, le Père Noël m'a justement ramené quelques indices dans sa hotte. "Les Pintades à Londres" devrait me servir dès le mois de mars pour un nouveau week-end prolongé. Le "Lonely Planet Jordanie" attendra encore un peu pour connaître sa
date de départ...
2012 s'annonce déjà avec un bel appétit d'ailleurs.
Que cette nouvelle année vous apporte également dépaysement, 2012 belles surprises et beaux béguins.
Plus de photos du Bénin sur le site de Julien Gérard, photographe.

Blogueuse trentenaire frangée. Entre voyages, piapias, bons plans et trucs de filles, bosse dans la comm. On se follow sur twitter ? @strass_and_b
































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