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Strass&ballerines

21déc. 2011

Mon béguin pour le Bénin

En plein décembre, en recherche de soleil et de dépaysement, j'embarquais pour un séjour express de 8 jours au Bénin. Comme toujours, quelques images d'Epinal en tête, je jonglais sur place entre petites déceptions, belles surprises et grandes rencontres. De quoi croquer le Bénin, en accéléré certes, à pleines dents.

marché lobogo bénin

Foison de couleurs

Arpentant les marchés de Dantopka ou de Lobogo, les couleurs égayent le tableau et nos humeurs. Les boubous se croisent devant les étals de fruits, d'épices et de volailles. Un concentré de vie se joue dans les allées du marché. Certains dorment à même le sol, d'autres se font lisser ou tresser les cheveux pendant que d'autres négocient au marché vaudou, les lézards séchés ou les ossements d'animaux heureusement indéterminés.

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Au moindre filet de musique couvrant les cris des poules ébouillantées, on danse. Toutes les occasions sont bonnes pour trinquer au sodabi, l'alcool de palme local. Dans un esprit de convivialité, il se partage forcément dans un même verre à l'hygiène discutable.

Dépaysement garanti

Dans le village de Possotomé, la terre de latérite rouge se confond avec les murs des maisons. Les enfants courent pieds nus en nous saluant et nous interpellant "yovo" (le blanc). Les poules et chèvres vivent leur vie pendant que les femmes marchent seins couverts ou non, avec des kilos de marchandises sur la tête. Les motos soulèvent la poussière comme pour donner à ce tableau un surplus d'authenticité.

village laterite bénin

C'est dans ce village que nous décidons de rencontrer un "fa", un diseur de bonnes aventures. Expérience inoubliable avec quelques scoops sur notre futur dont nous pourrons dire dans quelques mois s'ils étaient "bien vus". Un petit sacrifice aidant (pas d'animaux mais juste de l'huile de palme et du sodabi), le bonheur devrait s'attarder un bon moment dans nos vies.

Ganvié et son accueil en demi-teinte

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Ce n'est pas l'harmattan qui a assombri les couleurs des premiers jours du séjour, passés à Ganvié. Ce vent de sable venu du Sahara qui nous offrait des matinées recouvertes d'un ciel blanc allait de pair avec l'accueil très froid des habitants de la cité lacustre.
Dans le village, les pirogues glissent sur l'eau et se faufilent entre les maisons sur pilotis. L'ambiance magique, se brise dès lors que l'on tente le moindre contact. Ici, nous sommes simplement des blancs et blanc = argent.
Cette formule limpide ne nous permettra pas d'échanges véritablement enrichissants. Seule notre sortie über-matinale à 4h du matin pour assister en pirogue au marché des pêcheurs nous laissera l'empreinte d'une vie parallèle où tout se déroule sur l'eau.
Les femmes y vendent petits plats ou appâts aux pêcheurs en partance pour la journée. Il fait noir, seules quelques lampes à pétrole brûlent.

marché pêcheurs ganvié bénin

Elles crient le nom de leurs plats pour aider les pêcheurs à se repérer. Dans la confidence de cet instant précieux, nous assistons presque timidement à cette représentation orchestrée de main de maître. Le ballet des pirogues parfaitement maîtrisé évolue au gré d'une musique composée de vagues cliquetis aquatiques et de paroles chantantes et féminines.

Mes bons souvenirs du Bénin ? les villages authentiques, les traditions perpétuées telles le vaudou, le "fa", le rituel de la toilette du nourrisson, les marchés dont on ne se lasse pas.


aguégué

Les enseignes commerciales valent le détour à elles seules ! Echographie exorciste, vibromassage formation informatique, cafeteria dieu est grand, garage dieu est mon berger, coiffure des cons, pompes funèbres point final...
J'ai ramené avec moi ces bonnes adresses ainsi que, en vrac, de jolis carnets recouverts de tissus africains, des bracelets religieux et des cacahuètes grillées, vendues en bouteilles de perfusion recyclées.

Ma petite déception ? Le fossé induit par le couleur de peau qui freine parfois les relations et le champ des discussions. Malaise surtout ressenti à Ganvié, pourtant un des lieux les plus touristiques du Bénin avec une vingtaine de visiteurs par semaine.

pirogue ganvié

Petite astuce pour briser la glace mais sans garantie... Il existe un sujet dont les villageois aiment discuter : la religion.
Enrichis par les différences culturelles de ce nouveau mais court voyage, on compare avec d'autres pays malgré nous. Et plus on voyage et plus il nous faut voyager pour en savoir davantage.

lobogo marché bénin

Pour les prochaines destinations, le Père Noël m'a justement ramené quelques indices dans sa hotte. "Les Pintades à Londres" devrait me servir dès le mois de mars pour un nouveau week-end prolongé. Le "Lonely Planet Jordanie" attendra encore un peu pour connaître sa date de départ...

2012 s'annonce déjà avec un bel appétit d'ailleurs.
Que cette nouvelle année vous apporte également dépaysement, 2012 belles surprises et beaux béguins.

Plus de photos du Bénin sur le site de Julien Gérard, photographe.

30nov. 2011

Ici et ailleurs : le goût des autres

C'est un matin comme un autre, en déplacement professionnel, dans un hôtel Campanile du bassin houiller. A l'heure du petit-déjeuner, nous sommes une petite dizaine, chacun seul à notre table, nous appliquant à ne pas croiser nos regards et à garder le silence.

Ailleurs, entre Afrique et Asie

Je nous revois cet été en Indonésie tranversant la rue pour aller discuter avec des inconnus. Nous asseoir en face d'une personne seule à la table d'un restaurant. Passer deux heures à l'épicerie pour parler de tout mais surtout de rien et terminer par une séance photos souvenirs.

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Les bajaus, Iles Togian, Indonésie

Nous enrichir de diverses rencontres, avec les locaux comme les touristes. Nous impatienter chaque jour des nouvelles rencontres.
Et là, je vais me resservir du thé en évitant soigneusement mon voisin de la table voisine.

Et chez nous ?

Résonnent aussi en moi les doléances émises par des africains de mon entourage. Installés en Alsace, ils souffrent de notre froideur, de ne pas pouvoir discuter avec leur voisin de tram sans être taxés de fous ou de perturbateurs.
Je me rappelle également avoir eu cette sensation étrange, en rentrant de mon périple indonésien, de devoir me taire dans les lieux publics, me retenir d'engager des discussions.

Ma parade ?

En France : privilégier les chambres d'hôtes. Rien de garanti, mais la recherche d'échanges se veut souvent le dénominateur commun des hôtes comme des invités. Dernière expérience en date : le Relais de Charme à la Petite Pierre où Sylvie et Gérard partagent clairement notre goût des autres ! Le bon plan pour un week-end au vert et pour tartiner son pain avec bonne humeur et confiture maison !

petite pierre
Salon de thé, La Petite Pierre

Si je m'emploie à dialoguer lorsque je sens une ouverture possible -les mamies dans les ascenseurs sont pour la plupart assez bavardes- j'avoue qu'il me tarde de repartir pour mêler l'exaltation de la découverte d'un nouveau lieu à celle d'une nouvelle culture.

Ganvié, Bénin, Julien GERARD Photographe
Débarquadère, Ganvié (Bénin)

C'est 5 mois après mon retour d'un périple de 2 mois en Indonésie, que je m'accorde, dans quelques jours, une courte pause (nouvel emploi oblige) de 10 jours au Bénin et plus précisement dans le village lacustre de Ganvié.

Les pieds sur pilotis ou en pirogue, autour d'un poulet bicyclette ou de poisson pêché du jour, je compte sur des repas plus animés que dans le bassin houiller !

06nov. 2011

Brunch option créativité en ébullition

J'aurais aimé l'inventer tant il correspond au lieu idéal pour bruncher le samedi ; mais aussi pour déjeuner et dîner en semaine (du mercredi au samedi). Dans le quartier gare, Johanna et son homme ont ouvert il y a 5 mois "Chez Pépé et Jojo", une adresse chaleureuse à l'assiette joyeuse.

Pépé et Jojo

La recette du bon goût

Depuis la création de son blog culinaire "Je ne suis pas une courge", Johanna est passée de l'édition de livres de cuisine à l'animation d'une émission sur Cuisine TV. L'ouverture de son restaurant poursuit logiquement son parcours. Avec son compagnon, elle a créé un lieu prometteur, esprit bobo à petit prix.
Le décor se plante dans l'environnement populaire du quartier gare avec espace spacieux, cuisine ouverte sur la salle, déco esprit récup, très typée année 70. Rappelez-vous les assiettes ornées de pommes et les verres Ricard que vous avez revendu à une brocante... Ils ont du atterrir ici ! Quant à l'accueil, il est d'office très friendly et bon enfant ; ce qui augure déjà un bon moment.

Déco Pépé et Jojo

Dans l'assiette

Testé en mode brunch du samedi (pensez à réserver), nous nous sommes délectés du buffet à volonté : velouté de courgettes pois cassés, ailes de poulet grillées citron-épices, dinde marinée aux 2 vinaigres et gingembre (une tuerie), salade de pâtes aux légumes confites, tourte aux 2 saumons, chou rouge à la cannelle, pancakes, coulis de poire, brownies... accompagnés de jus de fruits en carafe, thé et café en thermos -vintage forcément. Autres boissons disponibles à la carte.
Vu les prestations, on s'étonne du petit prix du brunch : 15 euros, et on croise les doigts pour que cela n'augmente pas.
La carte évoluant régulièrement revendique des origines méridionales et maghrébines. On en peut que le confirmer : il y a bien du soleil dans cette cuisine.
J'ai enfin fini par trouver un très sérieux concurrent à ma cantine habituelle, l'Epicerie -qui garde toutefois l'avantage des horaires d'ouverture, continus en journée.

J'ai aimé aussi l'esprit familial du lieu encore un peu confidentiel (ca va pas durer) et l'emplacement inhabituel pour ce type de lieu, hors du triangle habituel Cathédrale / place Gutenberg / place Kléber, tout en restant malgré tout proche du centre.
Ma décision est prise. Désormais le brunch doit s'institutionnaliser ; le rdv est pris pour les prochains samedi. Car comme comme disait très justement mon pépé, "les traditions, ça a du bon" (miam) !

Bobo bonus très gniiiiii

Et parce que le quartier gare abrite de bonnes adresses à (re)découvrir, profitez-en pour faire un saut au 1 rue d'Andlau, les vendredi et samedi pour découvrir la sélection Hic & Nunc Store dans les locaux de Claire Brandin Corsets. Anne, également sous la casquette de créatrice de Louloulee, y propose une sélection créateurs de bijoux et accessoires à des prix vraiment très petits (à partir de 12 euros).

Hic & Nunc Store
Pochettes Alloicisab

Sa particularité : elle joue la carte du concept store éphémère et organise plusieurs ventes événementielles dans l'année, dans des lieux différents (agence de pub, galerie d'art, coiffeur, hôtel...) à découvrir sur le site de vente en ligne Hic et Nunc.

Pépé et Jojo, 64 Faubourg National, Strasbourg. 03 88 52 01 76.

Hic et Nunc : les vendredi et samedi chez Claire Brandin Corsets, 1 rue d'Andlau, Strasbourg. Vente en ligne et planning des ventes éphémères sur hicetnunc-store.com

16oct. 2011

Lost in networking

Chercher un emploi, c'est entrer dans la jungle. Capter les règles de survie et apprendre à parler le langage de la brousse.

Option 1 : l'entretien d'embauche

Arriver jusqu'à l'entretien, ça se mérite. Comme dans Koh Lanta, il va falloir passer différentes étapes de survie.

Ubud, Bali, Indonésie

Stratégie de base : scruter l'offre de recrutement. Fureter sur le net, s'abonner aux alertes, réactualiser son cv. Trouver enfin une annonce. Peaufiner sa lettre et adapter son cv. Sur 200 candidatures, passer la barrière des 5 ou 10 cv sélectionnés. Jusque là je m'en sors.

Là, pour se donner un coup de boost, rien de tel qu'une nouvelle paire de chaussures ou de craquer pour la chemise / la veste / le pantalon qui va bien (l'ensemble : c'est mettre tous les atouts de son côté, non ?).

Préparer son entretien, être à l'heure. Et comme toujours, faire façe à la question qui tue. Inévitable.

"Vous voulez des enfants ?" déclinable à l'infini et toujours dans une subtilité discutable : "quelle est votre situation familiale ?".

Il faut bien se rendre à l'évidence, la frange juvénile n'efface pas la ligne "33 ans" sur le cv !
"Bref. J'ai passé un entretien"...

Option 2 : le networking

Ou la stratégie d'attaque. Dans la communication, ce qu'on devrait nous apprendre dès le premier cours, c'est que le boulot se trouve majoritairement via le networking. On parle de cooptation. Attention, à ne pas confondre avec le piston, qui ne prend pas en compte les compétences. La cooptation consiste simplement à faire confiance à la préconisation de quelqu'un.

Dans cette fameuse jungle de candidatures, un petit mot de cooptation peut aider à faire passer le cv sur le haut de la pile. Ou même à passer un entretien avant qu'un poste soit à pourvoir.

Le networking -ou comment prendre des verres 2 à 3 fois par semaine via les clubs et autres associations de jeunes cadres dynamiques, permet en tous cas de faire des rencontres bien sympathiques ! De quoi garder carrément la pêche pendant les recherches.

Au passage, l'avantage d'avoir passé la barre fatidique des 30 ans et donc des 10 ans d'expérience, c'est que le cv a gagné une véritable identité. Fardeau pour les erreurs de parcours, avantage pour ceux qui comme moi n'ont pas trop bifurqué. Le cv est marqué au fer rouge de la communication.

Jungle Roe Mbeliling, Flores, Indonésie

Si le trajet est semé de quelques surprises, bonnes ou mauvaises, il s'avère très instructif.
Pour ma part, je n'ai plus eu droit aux fameuses questions "vos qualités, vos défauts ?".
On veut connaître mes valeurs, mes attentes, on s'intéresse à mes loisirs, même à mon périple indonésien.

Serait-ce un mode de recrutement "génération Y" ? Il semblerait.
A 33 ans, seule demeure la question old school et intemporelle des générations à venir : les enfants.
"Des projets d'enfants sinon ?".

PS du 21 octobre : j avais raison d acheter de belles chaussures pour mon entretien... suis embauchée ! et si je m achetais des bottes pour mon 1er jour ? ;-P

11oct. 2011

Geek ou girly ?

Parce qu'il est trop dur de choisir, parce que les filles aussi sont résolument geek quand elles veulent, Aurore et moi-même, on a décidé de créer les rencontres qui nous faisaient envie ! On vous explique ?

A Strasbourg, c'est trop calme ?

On ne veut pas croire que Strasbourg est ronflante. Il y a des filles qui veulent papoter, entreprendre, qui sont connectées et curieuses. Elles assument leur appareil photo rose, leur pochette d'iPad à fleurs. Parce qu'aimer les high-tech pour une fille, c'est possible et hautement recommandé par les autorités supérieures de la tendance, on a décidé de créer un rdv régulier destinés à cette communauté.

fly.jpg

Comment ca se passe ?

On vous prépare un premier RDV juste avant le rush des fêtes. C'est le mercredi 16 novembre que les geekettes girly sont attendues dans une salle mythique strasbourgeoise qui vient de ré-ouvrir ses portes. A ne pas rater pour sa déco furieusement rétro : la Salamandre nous accueillera à partir de 19h. Ces messieurs geek seront admis s'ils viennent accompagnés !

salamandre strasbourg

Interdiction de s'ennuyer

Même si on sait que ça va papoter sévère, trinquer et grignoter, on vous promet une belle soirée. Notre secret ? Notre partenaire, Bemac, qui viendra avec des mini cooper beewi à piloter avec les ipads à disposition. La rumeur dit qu'il y aura des lots à gagner... Je vous invite à venir vérifier sur place !

On se retrouve aussi sur le site des Strasbourg Girl Geek Dinners et la page Facebook !

Pour s'inscrire, c'est par ici : je viens !


Télécharger le fly de la soirée en pdf.

30sept. 2011

Vu à la TV

Et sinon, je vous avait pas dit ? On a parlé du blog sur Alsace20 :-)

C'était dans l'émission Alsace 2.0 présentée par Morgane Harquel et ça se regarde à l'infini sur le site d'Alsace 20 !


Strass & Ballerines sur Alsace 20

29sept. 2011

L'Indonésie, en préjugés et en pratique


Vous me connaissez un peu, moi et mes préjugés on adore partir en vacances. Dernier test en date : l'Indonésie.

Dans les grandes lignes, l'Indonésie m'envoyait de grands signes qui voulaient dire :

  • vie pas chère
  • des gens adorables
  • plage, soleil et que demander de plus ?


En pratique, il convient de revenir sur certains points...

Finances indonésiennes

Au départ, notre idée de la vie pas chère était partiellement basé sur le guide Lonely Planet, édité en 2009. Ce que nous interprétons comme de mauvais talents de négociateurs au départ s'est avéré structurel. Ouf, on est bons. C'est un fait, les prix ont augmenté de 30% en 2 ans.
Quand la nuit d'hôtel en bungalow tourne autour des 15 euros, cela semble peu dramatique. Mais sur deux mois, autant dire que la douleur se ressent.
Bien entendu, on trouve parfois des hôtels à 4 euros la nuit avec petit-déjeuner. Et on en a testé plusieurs. Mais, je ne sais pas pourquoi, on tendait plus souvent vers la première solution.

Chambre 4 euros mandia bungalow
Chambre à 4 euros versus chambre à 15 euros

Idem pour les transports, déjà abordés dans les précédents post. Autant, l'aventure se nourrit de trajets dans un ferry non homologué, un bus sans freins ou sur un scooter sans casque, autant nous trouvons reposant de profiter à l'occasion d'une voiture avec chauffeur. La ruine : 50 euros à 4 pour faire 500 km.

gare routiere

Attention, là où le porte-monnaie souffre le plus, c'est à Bali. C'est aussi sur cette île, que les rencontres nous ont manqué.

Rencontres indonésiennes

Le périple entre îles indonésiennes débutant par Bali, nous ne faisons pas les rencontres escomptées. Nous souffrons du balisage, du trop plein de tourisme. Et franchement, nous craignons d'être déçus par le pays. Mais plus le voyage suit son cours et plus nous allons vers ce que nous cherchons.

bajaus
Dans les montagnes et jungles de Flores, dans la rocaille du Kawah Ijen sur Java et au milieu des îles Togian, ce sont des dizaines d'enfants qui nous observent, nous guident et nous adoptent ! Des familles accueillantes aux compagnons de voyage, le théorème est simpliste mais se vérifie, plus le trajet s'avère difficile et la destination peu abordable techniquement, plus les rencontres se révèlent fortes.

Sujet épique de la météo

Je me revois remplir mon sac de maillots de bains et tongs. Une voix dérangeante me sommait d'y adjoindre laine polaire, coupe-vent et chaussures de randonnée. Que nenni, en Indonésie, il fait chaud, disais-je. Après négociation, peu avantageuse j'admets, coupe-vent et chaussures embarquent avec moi.

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Je comprend mon erreur lors des 3 trecks sur les volcans Kelimutu, Bromo et Kawah Ijen, empilant alors désespérément mes vêtements, jusqu'à finalement piquer la polaire de mon acolyte !

Au retour, un peu difficile de décrocher. L'enchaînement avec les retrouvailles familiales dans le sud de la France bouscule carrément le porte-monnaie, habitué à débourser 80 cents pour un coca... Rencontres limitées à l'achat de la baguette de pain avec politesse minimum de rigueur. Et puis, l'eau de mer... glacée non ? Finalement, mes préjugés sonnaient moins faux que d'habitude !

Prochaine destination ? Strasbourg avec une aventure très différente : la mise en place des Girl Geek Dinners... Même si dans l'intitulé tout est dit, je vous raconte bientôt.

06sept. 2011

Mosaïque indonésienne - partie 3 : le secret des îles Togian

Séjourner sur les îles Togian, c'est rentrer dans la confidence. En parler sur le blog, c'est bousculer un souvenir empreint de magie et prendre le risque de ne pas lui rendre honneur.
Pour se rendre dans ce paradis, il faut être courageux et accepter de faire de nombreuses heures de route (48h en ce qui nous concerne), d'embarquer sur un ferry en bois pas forcément homologué et obligatoirement surchargé. Oublier les horaires, s'enivrer tant des fumées émanant des cigarettes voisines que de la vue somptueuse sur les innombrables îles désertes.

Bajaus, Togian, Indonesie


Un trajet interminable

Partant de Jakarta, nous passons une nuit dans un minibus pour rejoindre l'aéroport de Surabaya. Un voisin qui empeste le parfum, un chauffeur qui expérimente la conduite "fast and furious" : le pied sur l'accélérateur, la main sur le klaxon... quoi de plus normal ? Après 4h d'attente à l'aéroport, nous passons à l'enregistrement. Tous les indonésiens nous dépassent allègrement jusqu'à ce que nous décidions à nous échauffer les coudes et à nous frayer un chemin jusqu'au comptoir. Au moment de monter dans l'avion, je remarque la présence de papier journal pour couvrir les vitres du cockpit. Devant mon regard perplexe, Julien m'explique que c'est plutôt rassurant : "Il vaut mieux que le pilote se protège du soleil". Apparemment oui, puisque nous arrivons sains et saufs à Palu où nous nous mettons en quête d'un moyen de transport pour rejoindre la ville ferroviaire d'Ampana. Après avoir essuyé quelques échecs -tout est complet- nous trouvons 2 places dans une voiture de location avec chauffeur et achetons nos billets sans avoir vu le véhicule. Nous héritons d'une voiture correcte mais de places sur strapontins dans le coffre. Le trajet de nuit se déroulera presque sans frayeurs, avec la musique à fond pour tenir le chauffeur à peu près éveillé.

Notre arrivée à Ampana est très matinale. Nous descendons au premier hôtel dans l'espoir de nous doucher et de nous reposer avant de prendre le ferry. A 5h du matin, le réceptionniste dort profondément. Nous le secouons ; en vain. Renonçant à l'idée d'avoir une chambre, nous profitons de la salle d'eau de la réception pour nous doucher au seau d'eau froide et partir pour le port, sans avoir réveillé notre vigile... Nous touchons au but. Nous partons avec le ferry de 10h.

Ferry Togian, Indonésie, Julien Gérard Photographe


A cause de la pluie, le bateau s'arrête pendant 2h. Nous arrivons donc à 22h sur l'île de Malenge. De là, un bateau à moteur nous mène enfin au Lestari Cottages où nous espérons trouver de la place. Il est en effet impossible de réserver à l'avance car la plupart des îles Togian n'ont ni accès internet ni téléphone. Nous prenons le dernier bungalow disponible : 15 euros par personne et par jour en pension complète, c'est parfait ! Il fait nuit noire et l'électricité est déjà coupée. Une petite douche au seau d'eau froide et nous nous couchons, impatients de découvrir l'île à la lumière du jour, le lendemain.

Le paradis

Pas de coq ni de muézin pour nous réveiller. On se lève pourtant avec le soleil comme à notre habitude. A la sortie du bungalow, les pieds dans du sable blanc ourlant une eau à 30°, nous profitons d'une vue directe sur Pulau Papan. Ce village de bajaus compte une centaine de maison sur pilotis. On avale rapidement un petit déjeuner à base d'oeufs, de riz et de fruits en faisant connaissance avec les quelques pensionnaires. On file ensuite à la rame rejoindre le village...

Pulau Papan, Indonésie

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03août 2011

Mosaïque indonésienne - partie 2

S'il y a deux mois, je partais en Indonésie avec une idée de vacances mêlant plage et douceur de vivre, je ne réalisais pas que j'embarquais tout autant dans un périple digne de Pékin Express. Entre les transports cahotiques, les treks en hors piste, les volcans en éruption, la météo et certaines conditions d'accueil hôtelières, je peux maintenant confirmer que je ne suis pas en sucre et que les indonésiens n'ont pas du tout la même notion du danger que nous.
Tout cela constitue un pack de bons souvenirs et suscite l'envie de repartir pour un nouveau périple en mode «routard », mode que je n'avais pas expérimenté jusqu'alors...
Plus le voyage avançait, plus le temps passait vite et plus nous trouvions nos marques dans le pays. Après la frénétique Bali et l'authentique Flores, voici le récit du séjour sur Java, l'île qui voit les choses en grand.

Java, l'aventure à la montagne...

Bromo, Indonésie - Julien GERARD, Photographe

Nous entamons notre trip « découvrons les sites au lever du jour »... indispensable pour qui veut faire le plein d'émotions... et de photos !
Notre première étape extra matinale sera le Bromo. C'est dans la nuit noire et bien emmitouflés que nous gravissons le sommet faisant face au volcan pour y observer le jour se lever. La caldeira, cette immense mer de cendres au pied du Bromo est semblable à un paysage lunaire. Au delà de ce panorama grandiose, nous bénéficions d'« une chance » inouïe. Ce jour là, en lieu et place d'un petit panache blanc, le Bromo crache des fumées noires. Nous assistons à 3 éruptions de cendres avant de descendre dans la caldeira. Le Bromo retrouvant son calme, nous grimpons dans les dunes (de cendres) pour nous rendre au bord du cratère.

Eruption Bromo, Indonésie - Julien GERARD, Photographe

C'est alors que les éruptions reprennent de plus belle... sans que le site soit évacué ! Décidemment les indonésiens n'ont pas les mêmes normes de sécurité ni notions du danger que nous... Il pleut de la cendre et il pleuvra de la cendre pendant les 2 jours où nous logerons dans le village en contrebas. Des maisons aux plantations, tout sera recouvert de gris. Conscients de vivre un moment très particulier, nous serons néanmoins soulagés de quitter cette atmosphère aux airs de fin du monde...

C'est dans une vivifiante plantation de café que nous nous installons ensuite pour, le matin suivant -aux aurores, faire l'ascension du Kawah Ijen. Nous sommes en altitude et le froid n'est pas tendre avec nous. Pour le trajet en scooter, nos chaussettes nous servent de gants. Nous nous réchauffons très vite en montant au sommet du volcan et calons notre rythme sur celui des porteurs de soufre.

Kawah Ijen, Indonésie - Julien GERARD, Photographe

Arrivés au sommet après 1h30 de marche, nous descendons avec eux dans le cratère pour rejoindre la mine de soufre dont nous apercevons les émanations. Lorsque le soleil se lève, il marie avec panache le turquoise du lac acide, le jaune du soufre et le blanc des épaisses fumées -parfois aveuglantes et étouffantes, selon le sens du vent.

Porteur de soufre au Kawah Ijen, Indonésie - Julien GERARD, Photographe

Si le site est superbe, l'ambiance vaut tout autant le détour. Les porteurs qui endurent un travail très physique (leurs paniers pèsent en moyenne 80 kg) sont ouverts à la discussion, au partage d'un goûter et trouvent même le souffle nécessaire pour pousser la chansonnette.

...comme à la ville !

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21juil. 2011

Mosaïque indonésienne - partie 1

C'est sur les îles Togian, alors que je n'ai ni réseau téléphonique ni accès internet et, que face à moi paresse une eau turquoise caressant une plage de sable blanc quasi déserte, que je reprends mon clavier pour coucher mes impressions de voyage. Le carnet de voyage co-écrit par Julien et moi-même a quant à lui bien été tenu à jour au fur et à mesure du périple sur le site de Julien, et reste en ligne pour qui souhaiterait avoir plus de détails.

2 mois en Indonésie - Julien GERARD, photographe

Déjà près de deux mois que je parcours l'Indonésie et en découvre ses multiples facettes. Dans quelques jours, je retrouverai une connexion internet, je posterai ce billet et je retrouverai la France dans la foulée !

Bali or not Bali ?

Commencer par Bali était finalement une bonne idée dans la construction du périple. Nous n'y sommes restés que 8 jours, rayonnant autour de Kuta et d'Ubud pour visiter les magnifiques temples de l'île (cf. mes deux derniers billets). Nous avons traversé des rizières magnifiques mais aussi des routes polluées et surchargées, jonchées de déchets. Nous nous sommes vite lassés des multiples propositions de transport ou de massage. Bali avec ses parkings géants à l'entrée des temples, quoiqu'encore assez calmes au début du mois de juin, était trop balisé pour nous. Nous sommes allés chercher le calme sur l'île de Gili Air. On y a apprécié outre la plage, la vie sans voitures ni scooters, la dégustation de poissons grillés au bord de l'eau, paressant dans des gros coussins, devant un DVD, luxe suprême du voyage ! Le snorkeling avec les tortues de mer nous a apaisé et reposé avant d'attaquer une longue route de 33 heures pour rejoindre l'île de Flores.

Gili Air, Indonésie - Julien GERARD, photographe

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